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Fortes chaleurs : dans les coulisses de la résidence !

Publiée le 16/06/2026

Juin est là, avec son lot de soleil, de journées qui s'allongent... et de températures qui commencent à grimper sérieusement !

Pendant que certains préparent déjà maillots de bain, chapeaux et serviettes de plage, de notre côté, nous révisons plutôt les plans canicule, les stocks de boissons fraîches et les bonnes pratiques pour traverser l'été en toute sérénité.

Dans cet article, le Dr Abadie, notre médecin coordonnateur, nous explique comment nous préparons la saison estivale. Car si tout le monde attend l'été, nous avons la particularité de le préparer... bien avant les premiers coups de soleil !

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Interview entre Caroline, chargée de projets et le Dr Robert Abadie, médecin coordonnateur de la résidence.

Caroline : Chaque été, les fortes chaleurs reviennent au cœur de l'actualité et suscitent des inquiétudes légitimes chez les familles. Dr Abadie, comment la Résidence Tiers Temps se prépare-t-elle à ces épisodes ?

Dr Abadie : La première chose à savoir, c'est que nous n'attendons pas l'arrivée de la canicule pour agir. Chaque année, nous préparons ce que l'on appelle le Plan Bleu, qui est notre dispositif d'organisation pour faire face à des situations exceptionnelles comme les fortes chaleurs. Nous anticipons les besoins, nous formons les équipes, nous identifions les résidents les plus fragiles et nous préparons les mesures qui pourraient être nécessaires. Notre objectif est de protéger les résidents avant même que les difficultés n'apparaissent.

Caroline : D'ailleurs, qu'appelle-t-on exactement une canicule ?

Dr Abadie : Une canicule ne correspond pas simplement à une journée où il fait très chaud. On parle de canicule lorsque les températures restent élevées plusieurs jours et plusieurs nuits consécutifs, sans véritable rafraîchissement nocturne. Dans le sud de la France, cela correspond généralement à des températures qui atteignent ou dépassent 35 degrés dans la journée et qui ne descendent pas sous les 20 degrés la nuit pendant plusieurs jours. Le problème est que la chaleur s'accumule progressivement dans les bâtiments mais aussi dans l'organisme. Le corps n'a plus le temps de récupérer.

Caroline : Pourquoi les personnes âgées sont-elles plus vulnérables ?

Dr Abadie : Parce que leur organisme réagit différemment à la chaleur.

Lorsque la température extérieure augmente, le corps humain met en place plusieurs mécanismes pour maintenir sa température autour de 37 degrés. Les vaisseaux sanguins se dilatent et la transpiration augmente pour évacuer la chaleur. Chez la personne âgée, ces mécanismes sont moins efficaces. Tout d'abord, la sensation de soif diminue. Une personne âgée peut manquer d'eau sans ressentir le besoin de boire. Elle perçoit également moins bien la chaleur. C'est pourquoi nous voyons parfois certains résidents conserver un gilet ou un pull alors qu'il fait très chaud à l'extérieur. Avec l'âge, la transpiration est également moins importante et plus tardive. Certaines maladies, certains traitements médicamenteux ou encore la perte d'autonomie peuvent compliquer l'accès à la boisson ou empêcher une personne de se découvrir lorsqu'elle a trop chaud.

Tous ces éléments expliquent pourquoi la prévention est essentielle.

Caroline : Quels sont les signes qui vous alertent particulièrement ?

Dr Abadie : Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ce n'est pas forcément la soif.

Les premiers signes peuvent être une fatigue inhabituelle, des vertiges, des maux de tête, une baisse de l'appétit, des nausées, une agitation inhabituelle ou au contraire une somnolence importante. Chez la personne âgée, un changement de comportement ou une confusion soudaine doivent également nous alerter. Nos équipes sont formées pour repérer ces signes très précocement.

Caroline : Justement, comment les professionnels sont-ils préparés ?

Dr Abadie : Tous les professionnels participent à cette vigilance. Bien sûr les aides-soignants et les infirmiers, mais également les agents hôteliers, les équipes de restauration, les animateurs, les agents techniques, l'encadrement et même les équipes administratives. Chaque professionnel connaît son rôle dans le Plan Bleu. Les équipes savent reconnaître les signes de déshydratation, connaître les conduites à tenir et appliquer les mesures prévues selon le niveau de vigilance annoncé par les autorités.

La prévention de la canicule est véritablement un travail collectif.

Caroline : L'hydratation est souvent présentée comme la mesure la plus importante. Comment cela se traduit-il au quotidien ?

Dr Abadie : Nous avons une règle simple que toutes les équipes connaissent : chaque contact avec un résident doit être une occasion de participer à son hydratation. Lors d'une toilette, d'un accompagnement, d'une animation ou simplement d'un échange dans un couloir, nous pensons systématiquement à proposer une boisson. Notre objectif est d'atteindre au minimum un litre et demi de liquide par jour pour chaque résident. Et il ne s'agit pas seulement d'eau. L'hydratation peut prendre différentes formes selon les goûts de chacun : café, thé, jus de fruits, potages, laitages, compotes ou fruits riches en eau comme le melon ou la pastèque.

Caroline : Que se passe-t-il lorsque Météo France annonce une vigilance canicule ?

Dr Abadie : Nous renforçons immédiatement notre organisation.

Des tournées d'hydratation supplémentaires sont mises en place le matin, en fin de matinée et dans l'après-midi.

Les volets et les rideaux sont fermés aux heures les plus chaudes afin de préserver la fraîcheur des locaux.

Les activités sont adaptées et nous encourageons davantage les résidents à rejoindre les espaces climatisés.

La surveillance des personnes les plus fragiles est également renforcée.

Caroline : Tous les résidents bénéficient-ils du même suivi ?

Dr Abadie : Non. Chaque année, nous évaluons le risque de déshydratation de chaque résident. Certaines personnes sont parfaitement autonomes pour boire. D'autres ont besoin d'être régulièrement stimulées. Enfin, certaines personnes particulièrement fragiles nécessitent un accompagnement très rapproché. Cette classification nous permet d'adapter précisément les mesures de prévention.

Caroline : Pouvez-vous nous donner un exemple ?

Dr Abadie : Pour les résidents présentant un risque élevé de déshydratation, les équipes passent proposer à boire toutes les deux heures. Les quantités absorbées sont tracées dans le dossier de soins afin d'assurer un suivi précis. Nous surveillons également régulièrement la température, la tension artérielle et le pouls afin de détecter rapidement toute anomalie. Pour les personnes ayant des difficultés à avaler, nous proposons des alternatives adaptées comme l'eau gélifiée, les gelées hydratantes, les yaourts ou les flans.

Caroline : Le Plan Bleu prévoit également ce que l'on appelle des prescriptions anticipées. De quoi s'agit-il ?

Dr Abadie : C'est une mesure très importante.

Pendant la période estivale, certains médecins traitants peuvent être absents quelques jours ou quelques semaines en raison des congés. Nous travaillons donc en amont avec eux pour anticiper certaines situations. Par exemple, lorsqu'un résident présente un risque élevé de déshydratation, le médecin traitant peut prescrire à l'avance une hydratation sous-cutanée. Ainsi, si malgré toutes les mesures de prévention le résident ne parvient plus à boire suffisamment, l'équipe infirmière peut intervenir rapidement sans attendre le retour du médecin. Cette anticipation nous permet de gagner un temps précieux et d'éviter certaines complications.

Caroline : Quel rôle les familles peuvent-elles jouer dans cette prévention ?

Dr Abadie : Un rôle très important.

Les familles peuvent tout d'abord nous aider à adapter la garde-robe présente dans la chambre. Il est utile de faire régulièrement une rotation entre les vêtements d'hiver et les vêtements d'été afin que le résident dispose de tenues légères adaptées aux températures de la saison.

Lors des visites, partager un moment autour d'un verre, d'un jus de fruits ou d'une glace est également un excellent moyen de stimuler l'hydratation.

Les proches peuvent aussi nous aider à convaincre certains résidents qui préfèrent rester dans leur chambre toute la journée de venir passer un moment dans les espaces climatisés de la résidence. Il faut savoir que rester 3 heures dans un espace climatisé permet à l'organisme de se régénérer. L'encouragement d'un enfant ou d'un petit-enfant est parfois plus efficace que tous nos arguments pour encourager un résident qui ne veut pas sortir de sa chambre...

Enfin, lorsque les familles emmènent leur proche à l'extérieur, nous recommandons d'éviter les sorties pendant les heures les plus chaudes de la journée et de privilégier les matinées ou les fins d'après-midi.

Caroline : Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser aux familles ?

Dr Abadie : Je voudrais les rassurer.

Les épisodes de fortes chaleurs font l'objet d'une préparation rigoureuse à la Résidence Tiers Temps. Les équipes sont formées, les procédures sont connues et les moyens nécessaires sont anticipés. Derrière chaque tournée d'hydratation, chaque volet fermé, chaque surveillance renforcée ou chaque prescription anticipée, il y a une même priorité : assurer la sécurité, le confort et le bien-être des résidents. Notre rôle est de permettre à chacun de traverser l'été dans les meilleures conditions possibles, et c'est une mission que nous prenons très au sérieux.

Caroline : Merci Dr Abadie !